Et si on faisait un petit point sur la cruralgie ?
Que vous ayez été diagnostiqué(e) avec une cruralgie ou que vous cherchiez à savoir si c’est ce qui explique la douleur que vous avez du bas du dos à la jambe en passant par la hanche et la fesse, alors je vous encourage à lire cet article pour tout comprendre à la cruralgie et surtout savoir comment la prendre en charge et se soigner.
Peut être que cela vous évoquera quelque chose ou que vous pourrez aider une de vos connaissances dans le futur. Et si vous souffrez de ce problème et que vous souhaitez être soulagé alors voici une bonne nouvelle: L’ostéopathie peut vous aider !
Qu’est ce que la cruralgie ?
Le mot cruralgie tire ses racines de 2 termes :
- Crural : en rapport au nerf crural, maintenant appelé nerf fémoral,
- algie : terme qui signifie la douleur.
La cruralgie est donc une douleur sur le trajet du nerf fémoral.
Pour bien comprendre la cruralgie un petit peu d’anatomie s’impose.
Le Nerf fémoral :
Le nerf crural ou fémoral est un nerf du membre inférieur.
Il prend son origine au niveau de la colonne vertébrale à hauteur des vertèbres lombaires, de la deuxième (L2) à la quatrième (L4).Il chemine à l’avant de la cuisse et donne l’innervation (entre autre) des muscles psoas et quadriceps.
Il permet également la sensibilité de certaines zones de la peau au niveau de la partie avant de la cuisse et de la jambe.
Le nerf va cheminer entre les muscles Psoas et Iliaque et passer sous l’arcade fémorale ou ligament inguinal. Il va alors se diviser en 4 branches :
- Nerf musculaire latéral : qui va innerver le muscle Sartorius et donner des branches pour la peau à l’avant de la cuisse.
- Nerf musculaire médial : qui va innerver le muscle Pectiné et la peau du dedans de la cuisse.
- Nerf du quadriceps.
- Nerf saphène : qui va donner l’innervation sensitive de la partie antéro-interne de la jambe.
La cruralgie est donc une douleur nerveuse, par compression du nerf crural (ou fémoral).
C’est une pathologie à rapprocher de la Névralgie Cervico-Brachiale (NCB), de la sciatique ou encore de la Névralgie d’Arnold.
Quels sont les symptômes de la cruralgie ?
Nous allons évoquer ici les signes de la cruralgie (tous ne sont pas nécessaires au diagnostic), que votre ostéopathe prendra en compte afin d’établir le lien de causalité.
- C’est une névralgie (douleur du nerf), on retrouve donc des douleurs de type électrique, majorées à la marche et la nuit.
- Douleurs à l’avant de la cuisse, du genou et de la partie avant et interne de la jambe.
- Troubles de la sensibilité (paresthésies) pouvant être une hypersensibilité ou une hyposensibilité.
- Fourmillements.
- Perte légère de force.
- Impression de dérobement du genou.
- Douleur soulagée en position assise avant cuisse et jambe pliée contre le thorax.
- Test de Léri positif.
- Zone lombaire douloureuse (syndrome rachidien).
Note : Qu’est ce que le signe de Léri ? (ou signe de Lasègue inversé)
Ce signe se recherche sur le patient allongé sur le ventre. Le soulèvement du membre inférieur tendu (extension de la cuisse), s’il déclenche une douleur, permet de poser le diagnostic de la cruralgie.
Les causes de la cruralgie
Les causes les plus fréquentes de la cruralgie sont :
- La hernie discale lombaire touchant les racines du nerf crural (L2, L3, L4).
- La sténose lombaire ou canal lombaire étroit : rétrécissement du canal à l’arrière des vertèbres dans laquelle passe la moelle épinière ou le filum terminal.
- L’arthrose lombaire.
- L’arthrose de hanche ou coxarthrose.
- Les tumeurs rachidiennes (extrêmement rares).
- Les déformations du rachis avec notamment les cas de scoliose.
Diagnostic de la cruralgie
L’examen clinique ainsi que la description du trajet de la douleur vont permettre d’orienter le diagnostic.
Des tests de provocation peuvent également être effectués (test de Léri). Un test de force du système musculaire, ainsi qu’une évaluation de la sensibilité compléteront le tableau afin d’évaluer l’atteinte neurologique.
Les Examens complémentaires :
En cas de persistance des symptômes, non soulagés par un traitement médical simple, des examens complémentaires pourront être prescrits par le médecin.
- En premier lieu, la radiographie lombaire permettra d’éliminer d’autres causes notamment une arthrose avancée, un spondylolisthésis, une scoliose ou encore un fracture vertébrale.
- En deuxième lieu, le scanner ou l’IRM permettra d’objectiver la compression de la racine du nerf à son émergence, par hernie discale ou arthrose notamment. Ils permettront également de disposer d’un bilan complet des structures environnantes.
Le traitement de la cruralgie : Chirurgie et Ostéopathie
Dans quels cas la chirurgie est nécessaire ?
La chirurgie est nécessaire dans le cadre d’une urgence ou de symptômes neurologiques graves. C’est notamment lorsque seront observés :
– une paralysie : on parle de cruralgie paralysante.
– des troubles sphinctériens : fuite d’urine ou de selles, constipation, impuissance et rétention d’urine avec effort de poussée. Ces troubles peuvent être évocateurs d’un syndrome de la queue de cheval.
– une atteinte neurologique motrice avec perte de force importante.
Cruralgie et ostéopathie :
Dans la majorité des cas, l’ostéopathie peut être d’une grande aide.
Elle peut être couplée à la prise en charge médicale.
Néanmoins dans les cas graves, comme la paralysie, une prise en charge médicale d’urgence est nécessaire.
Lorsque l’ostéopathie peut traiter la cruralgie, la cause est toujours à rechercher. Il faut découvrir la zone où le nerf est comprimé ou irrité. Il faudra ensuite traiter cette dernière, et différentes techniques seront utilisées en fonction des éléments à soigner.
Lorsqu’aucune pathologie n’est associée à la cruralgie (examens médicaux et imageries normales), la cruralgie peut être due à une perte de mobilité articulaire, particulièrement de la zone lombaire et du bassin. Ce manque de mobilité entrainera des tensions musculaires et ligamentaires inhabituelles pouvant être à l’origine d’une compression du nerf crural sur son trajet.
Augmenter la mobilité de la colonne lombaire :
Le travail à effectuer au niveau de la zone lombaire consiste à redonner de la mobilité aux vertèbres L2, L3 et L4. Les racines du nerf crural émergent effectivement entre ces vertèbres lombaires. La bonne mobilité de ces trois étages sera primordiale pour éviter une compression des racines nerveuses. Le traitement se fait toujours par des manipulations douces et indolores.
Au niveau du petit bassin :
Certains organes situés à proximité du nerf crural sont susceptibles de le comprimer. C’est le colon ascendant (caecum) qui devra être travaillé en cas de cruralgie droite et le colon descendant (sigmoide) en cas de cruralgie gauche.
Dans un environnement proche de ces deux zones, nous retrouvons les muscles posas qui peuvent être spasmés. Différentes techniques pourront alors être utilisées pour les détendre :
– une technique d’étirement musculaire.
– un point d’inhibition : il s’agit d’exercer une pression soutenue sur un point précis du muscle jusqu’à ce que ce dernier se relâche (cette technique peut être désagréable).
Comme en cas de sciatique, il sera également nécessaire de redonner une bonne mobilité au bassin.
Au niveau des membres inférieurs :
Le nerf crural chemine le long de la partie avant de la cuisse et pourra être travaillé directement au niveau des membres inférieurs au niveau de zones où il peut être comprimé.
Le Muscle Psoas-Iliaque nécessitera une attention particulière. Le nerf crural sillonne entre les deux chefs de ce muscle. S’il est contracté de manière trop importante il pourra être à l’origine d’une compression du nerf.
D’autre muscles peuvent également, en se contractant, augmenter l’effet compressif des lombaires et entraîner irritation ou compression du nerf.
Les techniques employées seront des techniques fonctionnelles douces, dont l’objectif est de redonner une bonne mobilité musculaire et fasciale.
Les structures musculaires et ligamentaires pourront alors se décontracter et diminuer la pression sur le nerf crural.
Traiter une constipation éventuelle :
De part leur proximité anatomique avec le nerf crural respectivement droit et gauche, la partie initiale du côlon (le caecum) et la partie terminale de ce dernier (côlon sigmoïde) nécessitent une attention particulière.
Ces derniers peuvent avoir une répercussion sur la compression des lombaires et des nerfs cruraux.
En cas de constipation redonner une bonne mobilité au colon permettra de diminuer la pression exercée sur les nerfs voisins.
Améliorer les autres troubles digestifs :
D’autres troubles digestifs peuvent indirectement perturber vos nerfs et vos lombaires.
Qu’il s’agisse de symptômes liés à de la colopathie fonctionnelle, de diarrhées ou de pesanteur abdominale, votre ostéopathe identifiera l’origine du trouble grâce à la palpation.
Lorsque vous avez des maux de ventre ou de simples gênes, le corps tentera toujours de s’adapter en modifiant la position et la posture. Certaines positions antalgiques pourront être adoptées, entraînant une petite compression des lombaires qui peut aboutir à une cruralgie.
Ici la cruralgie sera secondaire à un trouble digestif. C’est donc ce dernier que l’ostéopathe traitera en priorité.
Il peut également s’agir de troubles liés au stress et à la pression du diaphragme qui adoptera une position plus basse.
Dans le reste du corps :
En tant que thérapeute holistique, l’ostéopathe ne se contentera pas d’un traitement local.
Toutes les structures pouvant avoir un impact direct ou indirect dans la cruralgie seront considérées.
Un intérêt sera également accordé à la sphère crânienne étant donné son rapport avec le sacrum et les lombaires via la dure-mère (MTR).
De la même façon, vérifier la bonne mobilité cervicale sera également important,; cette dernière influant grandement sur la bonne mobilité lombaire.
Toute autre dysfonction susceptible d’intervenir sur la cruralgie sera évaluée et traitée au cas par cas.
